L'actualité des concerts et de Love Live Music



Woodstower : l'autre festival à ne pas rater ce weekend !

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Le dernier weekend du mois d'Août (et presque le dernier avant la rentrée) n'est pas le moins pourvu en festivals, bien au contraire ! Les tôliers Rock En Seine à Paris et Le Cabaret Vert à Charleville-Mézières ont lieu ce weekend, mais il n'y a pas qu'eux !

Cette année nous nous rendons pour la première fois au Woodstower, à Lyon. Créé en 1996, Woodstower a réuni l'année dernière plus de 17 000 festivaliers. L'objectif des organisateurs du festival ? Offrir "un événement différent, rythmé de surprises, de concerts fous et de moments à part". Quelques explications.

Une programmation variée mais pointue :

Cette année le festival regroupe de beaux noms de la scène musicale actuelle : l'electro cosmique de Digitalism, le ragga urbain groovy de Soom T, l'electronica de John Talabot, le hip-hop de Vald et de Bavoog Avers et bien d'autres.

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Jeanne Added en 2015

Le festival fait également la part belle à la trance psychédélique avec une scène dédiée à l'association grenobloise Hadra qui fait venir des artistes du monde entier. L'association organise d'ailleurs son propre festival, le Hadra Trance Festival, le weekend du 2 septembre !

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La scène Hadra - Woodstower 2015

Le samedi après-midi et la journée du dimanche sont gratuites, et même une partie du camping du festival est gratuite ! Pour les places le samedi, c'est par ici.

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La programmation complète de Woodstower

La musique mais pas que :

Le festival ne se contente pas de vous divertir avec de la musique et intègre également des performances artistiques, des animations et des activités gratuites. Par exemple, le projet "Bouteille" de l'artiste Abraham Poincheval, visible du 24 au 29 Août : élire domicile dans une bouteille géante de six mètres de long sur deux mètres de large, durant près de trois mois et en complète autonomie !

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Au programme également : aérobic, pilates, poney, blind tasting de produits alimentaires de la région... il y en a pour tous les goûts.

Le tout dans le cadre d'un festival durable :

Le festival a lieu chaque année depuis 2005 dans le Grand Parc Miribel Jonage, aux portes de Lyon. Le festival et le Parc partage un objectif commun : profiter du festival Woodstower pour valoriser l’espace, sensibiliser les publics aux enjeux écologiques, mettre en place des actions de solidarité et bien entendu diffuser des projets artistiques originaux et de qualité.

Le festival se place comme un précurseur et pilote dans le domaine du développement
durable sous tous ses aspects, et continue d’enrichir les projets déjà mis en place en développant de nouvelles actions chaque année. Par exemple :
  • Une politique de bénévolat forte : plus de 300 bénévoles, dont une trentaine de jeunes de chantiers d’insertion et des personnes en situation de handicap 
  • Un dispositif d’accueil sur le site pour les personnes en situations de handicap
  • Le renforcement de la politique de prix bas depuis 2014 pour permettre au plus grand nombre d'accéder au festival (gratuit la journée et 23€ la soirée, bravo !)
  • Le tri des déchets, recyclage et mise en place d’un composteur 
  • L'utilisation de gobelets recyclables
  • La mise en place de transports doux : navettes en partenariat avec le réseau urbain local, covoiturage…
  • L'utilisation de toilettes sèches sur le festival
  • La priorité donnée au circuit court

En conclusion, un beau et bon festival qui nous attend. On a hâte de découvrir ça !

Vous y allez aussi ? Pensez à venir laisser votre avis sur les concerts que vous avez préférés au festival !

Des fans portent plainte après le concert de Sia

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Nouveauté dans le registre des procès improbables : après le chat-qu'on-ne-doit-pas-mettre-au-micro-ondes, ce sont plusieurs dizaines de fans insatisfaits du concert de Sia qui portent plainte parce qu'il n'était pas à la hauteur de leurs attentes.

Il vous est déjà arrivé d'aller à un concert qui vous a déçu n'est-ce pas ? Nous aussi. Des artistes qu'on adore parfois, comme par exemple Frank Ocean (qui a d'ailleurs sorti un début d'album cette nuit, victoire !) artiste brillant mais qui ne se foule pas trop en live. Ou encore la déception de Xavier après le concert de DJ Snake, et celle de Lrn devant LUH

Mais à part passer à autre chose et laisser son avis sur Lovelivemusic.fr pour prévenir les copains, pas grand chose que l'on puisse faire non ?

En Israel, les fans déçus du concert de Sia en ont décidé autrement. Ils accusent la chanteuse d'avoir été "impersonnelle" et "sans intérêt", comme le rapporte le Jerusalem Post. Une performance de 65 minutes seulement, des écrans de chaque côté de la scène qui diffusent des vidéos de ce qui semble être au premier abord ce qui se passe sur scène, mais qui se trouve finalement être des vidéos pré-enregistrées. Aucune interaction de la chanteuse avec le public non plus, ce qui au final a donné l'impression aux spectateurs d'assister "à la diffusion d'un film [...] accompagné de chant en arrière plan de la part d'une Sia emperruquée et d'un spectacle qu'ils ne pouvaient pas voir sur la scène au loin ".

Tiens tiens tiens, ça nous rappelle quelque chose ! Nous avions eu la même impression après le concert de Sia à Coachella. Un concert très visuel qui faisait une belle place à la danse, mais pendant lequel il était impossible de savoir si les stars présentes sur la vidéo étaient également en chair et en os sur scène. Et une fois le doute installé, il n'y a qu'un pas avant de commencer à se demander si c'est bien Sia sur scène et pas un très bon playback.


Les fans ne réclament que le remboursement de leurs places à 80€, et pas des milliers d'euros. Mais entre l'insatisfaction après un concert et la démarche de porter plainte parce que l'artiste "n'a pas échangé avec le public, n'a pas plaisanté ou donner ses impressions sur le fait d'être à Tel-Aviv", il y a quand même une sacrée différence...

D'après le tourneur de Sia, Ilan Elkayam, la majorité du public a apprécié le concert et le concert a "rencontré un très grand succès [...] et a reçu des centaines de commentaires de fans satisfaits qui ont totalement apprécié la performance et la production du spectacle".

Pour faire le tri dans les avis contradictoires, rien ne vaut un service qui vous permet de donner votre avis sur les concerts que vous avez vus ! \o/

Source de l'image ici

Les artistes contre YouTube : la fin des vidéos de fans ?

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Un nouveau combat mobilise les artistes : la protection des droits d'auteurs sur les contenus de "user-generated content*". 

* Littéralement "le contenu généré par les utilisateurs", c'est-à-dire par exemple les photos, vidéos de concerts postées sur YouTube mais aussi tous les contenus partagés sur Twitter, Facebook etc.

Une lettre ouverte signée par Taylor Swift, U2, Vince Staples, Kings of Leon et un peu plus de 180 artistes et adressée au congrès américain s'attaque au Digital Millennium Copyright Act (DMCA) qui régit les droits d'auteurs et les copyrights en ligne.

Qu'est-ce qui tracasse les artistes et maisons de disque qui ont signé cette lettre ?

Le DMCA permet à YouTube de se décharger de toute responsabilité concernant des infractions au droit d'auteur sur sa plateforme. Ce qui veut dire qu'un utilisateur de YouTube peut uploader sur la plateforme du contenu protégé par les droits d'auteur (un morceau de musique, un album) et que YouTube est autorisé à laisser ce contenu en ligne sous réserve de ne pas avoir été informé du contenu illégal de la vidéo et jusqu'au moment où les artistes concernés demanderont son retrait.

D'après les maisons de disque, cela constitue un avantage injuste au profit de YouTube, avantage qu'aucune autre plateforme de streaming ne possède, car YouTube génère de l'argent à chaque fois que la vidéo est lue sans pour autant reverser aux ayants-droits (pour simplifier, l'artiste et sa maison de disque) l'argent qui leur est dû. En résumé : YouTube profiterait des vidéos piratées du contenu des artistes au détriment de ces derniers.


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Pour aider les artistes à identifier les contenus pirates sur sa plateforme, YouTube a crée il y a une dizaine d'années Content ID, qui parcourt les millions de vidéos en ligne pour identifier celles qui utilisent du contenu illégalement. Si Content ID trouve un contenu pirate, il en informe les ayant-droits qui décident soit de retirer le contenu, soit de l'autoriser et de toucher des revenus publicitaires dessus.

D'après YouTube, "50% des revenus YouTube de l'industrie de la musique proviennent des contenus uploadés par les fans". Le programme aurait déjà reversé plus de 2 milliards de dollars aux artistes et aux maisons de disque. Mais les avis divergent sur l'efficacité de Content ID : d'après YouTube, il est efficace à 99.7%, d'après les labels seulement à 50%... Bon.

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Quelles peuvent être les conséquences pour YouTube ?

Si le Congrès américain accepte de rendre la plateforme responsable de tous les contenus non-respectueux des droits d'auteurs, comme le demandent les artistes, ce serait une catastrophe pour le service qui devrait gérer un nombre incalculable de vidéos illégales et des procès associés. Les maisons de disque pourraient également décider de faire passer Vevo sur une autre plateforme, comme Facebook par exemple, alors que la musique est le contenu le plus lu sur YouTube qui est elle-même la plateforme n°1 de streaming musical dans le monde.

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Et dans ce cadre, difficile également pour les nouvelles plateformes collaboratives de pouvoir développer leur service aussi vite que YouTube, Facebook, Twitter et les autres car elles devront constamment surveiller le contenu mis en ligne sur leurs plateformes.

La face cachée de l'iceberg

Quels que soient les chiffres, résoudre le problème du contenu pirate sur Youtube ne représente pourtant pas le gros de l'insatisfaction des artistes envers la plateforme. Le principal problème ? La baisse des royautés, les revenus versés aux artistes à chaque fois que leur musique est jouée en ligne.

En gros, YouTube touche de l'argent à chaque fois qu'une vidéo est jouée sur sa plateforme grâce à la publicité qui passe avant/pendant/après et qui encadre la vidéo. Elle reverse une partie de cet argent touché aux artistes. Premier problème : l'argent reversé par YouTube pour chaque écoute est bien plus faible que ce que reversent Spotify et Deezer par exemple.

Deuxième problème : sur l'argent reversé par YouTube aux ayant-droits, seule une petite partie revient aux artistes tandis que les labels conservent la plus grosse part des revenus.

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Une solution potentielle à venir : le lancement de YouTube Red au Etats-Unis, un service d'abonnement à 10$ qui permet de regarder le contenu YouTube sans les publicités. Un modèle de revenus plus proche de celui de Spotify, qui permettrait donc aux artistes de recevoir des revenus équivalents également.

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Une discussion qui n'est pas prête de s'arrêter et qui pourra avoir plus de conséquences que ce que l'on imagine. Ce qui est sûr, c'est qu'elle prend de l'ampleur alors que le débat sur les appareils photos en concert se développe lui aussi. Deux faces de la même pièce ? A suivre !

Sources : Fast CompanyVanity Fair

Concerts : rangez ce smartphone que je ne saurais voir !

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Vous avez peut être vu passer cette information dernièrement : Apple vient de breveter une technologie qui permet de désactiver la caméra d'un smartphone dans un lieu donné. Ces lieux ? Principalement les concerts et les musées. 

De plus en plus d'artistes demandent à leur fans de profiter de l'instant présent et de ne pas filmer leur concert : Adèle (voir ici), Prince, Jack White, Björk, Savages... Et récemment, la palme quand même à cette jeune fille qui a joué à Pokémon Go alors qu'elle est devant la scène de la Queen Beyoncé au Stade de France. 

Il est vrai que se retrouver derrière une personne qui filme l'entiereté du concert sur son iPad, qui bloque toute la vue, on a déjà vu mieux pour profiter d'un live. Ou même derrière une groupe de teenagers qui passent leur concert à envoyer des vidéos sur leur Story Snapchat. Et entre nous, malgré la puissance grandissante des appareils photos de smartphone, la qualité est quand même souvent dégueulasse...

Il y a aussi la question des droits d'auteur et des droits à l'image : la vidéo appartient à la personne qui l'a filmée, mais a-t-elle le droit de l'exploiter sans l'autorisation de l'artiste (qui produit le contenu, et qui apparaît sur l'image), des autres personnes du public apparaissant sur la vidéo, ou encore de la salle? La législation est encore très floue à ce sujet.

Chez LoveLiveMusic on ne s'en cache pas, on filme en concert : la vidéo nous semble un bon moyen de se rendre compte de l'ambiance, de l'énergie de l'artiste, de son style. Si un artiste ou un organisateur veut bien nous donner une accréditation média, on sera ravis de faire ça plus proprement ! (clin d'oeil clin d'oeil coeur, si vous lisez ces lignes envoyez nous un mail !)

Comment ça marche ce brevet d'Apple ?

Un système infrarouge permettra au téléphone de détecter s'il est autoriser ou non à filmer et prendre des photos dans le lieu où il se trouve. Le signal sera émis par exemple depuis la scène et désactivera automatiquement l'appareil photo. Le même système pourra aussi être utilisé pour envoyer des informations sur le téléphone.

On ne sait pas encore quand Apple utilisera réellement cette technologie, l'entreprise déposant chaque année des centaines de brevets sans forcément les utiliser.

D'autres technologies sont déjà en place pour bloquer les téléphones lors des concerts

La startup Yondr a lancé il y a quelques temps sa solution permettant d’empêcher de filmer pendant les concerts. Son dernier concert en date ? Alicia Keys, rien que ça.

Une pochette est distribuée à l'entrée de tous les concerts américains de la chanteuse, pochette qui se verrouille automatiquement lorsque la personne franchit les portes de la salle de concert. L'objectif ? Profiter de l'instant présent sans passer par un écran, mais aussi éviter de voir s'échapper des morceaux inédits que l'artiste pourrait jouer sur scène.

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Les fameuses pochettes Yondr

D'autres artistes comme The Lumineers ou encore les humoristes Dave Chappelle et Louis C.K. ont eux aussi fait appel à Yondr. Pour les anglophones, retrouvez une présentation de Yondr par son CEO pour Consequence of Sound.

Filmer pendant un concert vous empêcherait de vous en souvenir correctement

D'après le magazine Pitchfork et la chercheuse Linda Henkel, professeur de psychologie cognitive à la Fairfield University, utiliser un appareil photo à un concert pourrait avoir un effet négatif sur votre capacité à vous en souvenir. D'après Linda Henkel, "lorsque vous utilisez votre appareil photo vous agissez comme si l'appareil était votre mémoire, alors que ce n'est pas le cas. Une photo est une représentation d'une expérience mais ce n'est pas l'expérience".

Depuis toujours nous nous servons des objets, personnes, souvenirs physiques ou digitaux comme des extensions de mémoire. C'est ce que les scientifiques appellent la mémoire transactive : nous utilisons ces objets comme des moyens mnémotechniques pour réussir à nous souvenir de beaucoup de choses, déchargeant ainsi la quantité de travail de mémorisation demandée au cerveau. Ça marche aussi avec les moteurs de recherche, par exemple quand vous allez lui demander quels sont les noms des 5 Spice Girls plutôt que d'essayer de vous souvenir de la réponse.

Mel C, Emma, Mel B, Geri, ... euh © Abaca
Les photos et vidéos de concerts ne dérogent pas à la règle et sont elles aussi une extension mnémotechnique. Sauf que d'après Henkel (et d'après notre propre expérience, ne nous mentons pas) nous ne retournons jamais vraiment voir toutes ces photos. Le risque est de finir par ne se souvenir que des photos prises, en occultant tout le reste : l'expérience passée, le bruit, les odeurs, l'énergie...

Filmer pendant un concert a aussi des avantages pour un artiste

Mais tous les artistes ne rejettent pas en bloc les photos et vidéos de concerts, certains les encouragent même. Radiohead par exemple va même jusqu'à demander à ses fans de filmer leur concert via Periscope. Du coup autant en profiter, certaines vidéos sont toujours dispo :


Il est vrai que pour des artistes émergents, voir son public le filmer avec enthousiasme, le relayer sur les réseaux sociaux, rendre les vidéo disponibles pour que des professionnels puissent ensuite se faire une meilleure idée de leur univers, ça fait plaisir et ce serait dommage de passer à côté !

Oui mais si pas de photos, alors quoi ?

Si les fans filment, c'est aussi pour avoir un souvenir de ce moment qu'ils ont passé avec l'artiste, un souvenir qui leur soit personnel et dont personne d'autre ne pourra avoir une copie identique. On voit qu'une des conséquence de la digitalisation grandissante de la musique, c'est le grand retour du vinyle.

Nous avons aussi besoin d'avoir du concret, du palpable, un lien physique avec nos artistes. Nous avons aussi besoin de nous souvenir des bons moments que nous passons.

Les billets sont dématérialisés, les films et photos bientôt interdits : comment repartir avec un souvenir concret et personnel de cette expérience unique? Le merchandising est une option (plutôt rentable pour les artistes d'ailleurs) mais elle n'est pas individuelle. A réfléchir...

Pour finir, cet article marrant de Noisey "Sérieux, qu'est-ce qui vous motive à prendre les DJs en photo ?" A prendre bien sûr au 2è degré ou plus.


Sources : Le Figaro, Washington Post, Clique, Digital Trends, Pitchfork. Crédit photo : Rolling Stones

[LiveReport] Deluxe + Naive New Beaters, Nuits de Fourvière

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La semaine dernière nous étions à notre second concert aux Nuits de Fourvière, cette fois-ci pour voir la bande de fous de Deluxe. Et faire une belle découverte au passage !

Cette fois-ci nous arrivons beaucoup plus tôt que pour Feu! Chatterton, ce qui a l'avantage de 1/ nous permettre de voir toutes les premières parties et 2/ depuis les gradins, mais par contre l’inconvénient de nous priver de bière vu la foule amassée au bar à notre arrivée.

Et pour égayer votre lecture, entre deux vidéo voilà une petite playlist qui va bien :


Faik

La soirée a déjà débuté avec Faik, venu ouvrir le bal en interprétant des morceaux tirés de son premier album solo "Sharr Mountains", après dix ans à la tête du groupe pop-rock lyonnais Fake Oddity. Accompagné de plusieurs musiciens, il joue une pop folk sympathique, qui met doucement dans l'ambiance sans pour autant non plus réveiller la foule des Nuits de Fourvière qui arrive tranquillement. C'est vrai que son style tranche un peu avec les deux groupes qui vont suivre, beaucoup plus déjantés que lui.



Originaire d'Istanbul, Faik termine par un morceau en turc, qui aborde le sujet houleux (encore plus depuis ce weekend) de la politique de Erdogan et les manifestations ayant eu lieu en 2013 à Istanbul. Une belle chanson pour un sujet compliqué...

La première 1ère partie se termine donc, et nous qui pensions cette fois profiter d'une belle soirée d'été nous sommes vite remis à notre place : une petite session pluie débute à la pause, suffisamment pour nous décider à acheter des ponchos au bar. Visiblement tout le monde est dans le même cas et on se croirait dans une salle des marchés à Wall Street. Tout ça pour que l'averse s'arrête au moment où les Naïve New Beaters montent sur scène.

Naive New Beaters

Les pieds trempés sont vite oubliés quand les Naive New Beaters montent sur scène pour 1 heure de délire. Pour ceux qui comme nous pensaient les découvrir, en fait non, vous avez surement entendu leur duo avec Izia "Heal Tomorrow", ou même vu le clip 360° du morceau. Voyez plutôt :


Les Naive New Beaters définissent eux même leur genre musical comme du "Chalouping Rop", un brillant mélange d'electro, de rock et de rap, le tout aux couleurs tropicales.

Et pour chalouper ça chaloupe : David Boring, Eurobelix et Martin Luther BB King passent leur temps à se déhancher de façon plus ou moins langoureuse mais avec beaucoup d'auto dérision. Captivant à regarder, d'autant plus que le trio, accompagné de deux nouvelles recrues féminines cette fois (Lucie et Audrey), débarque sur scène en "comstards", c'est-à-dire des combinaisons-costards qui leur donne un look d'enfer. Ça ressemble à ça :


C'est donc parti pour l’enchaînement de morceaux de leur album "La Onda" et des singles du prochain "A La Folie", entrecoupés de commentaires et d'improvisations du chanteur David Boring. "On nous a prévenu que si on se prenait des coussins verts c'est que ça se passe plutôt bien". Et ils s'en prennent pas mal en effet, certains un peu trop proches des instruments et des musiciens. Le public des Nuits de Fourvière, qui ne nous avait pas du tout impressionné pour Radio Elvis et Feu! Chatterton doit se faire un peu prier pour faire du bruit. La fosse commence à être en forme masi en gradins c'est un peu plus compliqué. Mais après autant de chaloupage, de coeurs avec nos bras sur "Get Love", "Worlds Hurt", "Live Good" et bien sûr "Heal Tomorrow", ça y est c'est bon, tout le public est dans l'ambiance.

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On vous recommande à 100% de les voir en concert. Leur musique est fraîche, eux aussi, on rigole, on danse et on s'amuse bien. Ils sont partout, cet été et jusqu'en Novembre : pas d'excuses ! Leurs dates ici.

Pour finir de vous dresser leur portrait, sachez qu'ils ont aussi créé une bière, la Naive New Beer, et un film "Yo Pékin", d'après eux un "docu-fiction-film d’action-film de vacances". Un groupe qui fait ce qu'il a envie et qui le fait bien ! Si vous voulez en savoir plus sur eux en attendant la sortie de l'album "A La Folie" le 22 Juillet, voilà une petite interview sympathique par La Vague Parallèle.

Deluxe

Autant vous dire qu'à ce stade, tout le monde est chaud, la pluie s'est arretée. Et après quelques minutes de répit, une musique de film bien dramatique se lance alors que la scène est plongée dans le noir. Une moustache lumineuse se dessine au sommet de la scène : pas de doute, ce sont bien les moustachus de Deluxe qui arrivent.

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Car oui oui, ils sont bien tous moustachus ! Bon sauf la chanteuse LiliBoy, qui a rejoint le groupe en 2010 et qui porte elle la moustache en jupe.

Deluxe by Fredb Art

Le style de Deluxe ? Le groove, qui si l'on en croit Wikipédia "[...] désigne tout d'abord un « rythme régulier » puis un « jeu inspiré », un « jeu superbe » [...] et enfin un style musical, aux sonorités chaudes et au rythme chaloupé, mêlant funk, dance et soul". Une parfaite description de Deluxe en fait.

Les Deluxe font un vrai travail de mise en scène : tenues rouges et dorées assorties mais toutes différentes, effets lumineux, jeux de scène entre les artistes, génial !


Le concert débute donc avec cette folle énergie du groupe, musiciens comme chanteurs, avec chacun leur tour leur moment de solo : saxo, guitare, DJ, tout le monde est mis en avant et c'est bien honorable.

Le son de Deluxe ressemble à celui de Chinese Man, que nous avions déjà adoré en concert, mais bien sûr avec leur propre style et une alternance de chant, d'electro, de rap qui fait qu'on ne s'ennuie pas !

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Par contre difficile de rentrer dans leur jeu car les morceaux s'enchaînent sans beaucoup d'interaction avec le public. Et puis finalement, ils prennent le temps de se présenter chacun leur tour sur le morceau "Superman", qui sera la dernière avant le rappel.

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Alors que la scène est de nouveau dans le noir, les coussins volent, on entend la batterie s'en prendre 2 ou 3 (un peu de respect pour le matériel les gars !) mais le groupe a l'air plutôt content :



Au final un concert de Deluxe très bien, énergique, où on se défoule. Un peu plus difficile de rentrer dans leur jeu, surtout si on compare aux Naïve New Beaters qui sont la révélation de la soirée. Mais on vous recommande de voir Deluxe aussi, le show est assuré ! Ça nous a plu, on reviendra sûrement moustachus !

Musilac 2016 : de belles surprises et des classiques

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Nous étions le week-end dernier au festival
Musilac à Aix-les-Bains, le long des rives du lac du Bourget. Enfin, 2 jours seulement mais qui nous ont suffit à avoir de belles surprises et à replonger dans les classiques ! 

Sur place le vendredi et le samedi uniquement, notre objectif était de voir un maximum de concerts, de ne surtout pas rater les découvertes du début d'après-midi et de tenir jusqu'aux derniers DJ sets. Bon on a été moins vaillants que prévu mais on a quand même eu une bonne dose de musique !

Si vous ne le saviez pas, Musilac est le festival lors duquel nous avons eu l'idée de LoveLiveMusic pendant le concert de Seasick Steve. Une idée qui a fait du chemin depuis !

Pour égayer votre lecture, une petite playlist du festival à la sauce LoveLiveMusic !

Le lieu

Musilac est un des festivals les plus simples à gérer : les 2 scènes principales étant côte-à-côte, les artistes passent chacun leur tour à 5 minutes d'intervalle. Du coup, pas de choix cornélien (à part savoir quand aller manger / chercher une bière / aller aux toilettes) et un nombre de pas minimum !

Le site est tout en longueur pour suivre la rive du lac du Bourget, avec une scène Korner à l'entrée du festival sur laquelle jouent les premiers groupes de chaque journée (Buzz, Grand Blanc, Selim et Barns Courtney), sur laquelle les autres concerts sont retransmis et qui accueille des DJs à partir de 23h30 (Arnaud Rebotini, Maelstrom).

Un peu plus loin, la scène Firestone, une première cette année : le Firestone Music Tour a choisi de s'arrêter à Musilac en France parmi les 9 dates de sa tournée européenne. Du coup c'est ici aussi que l'on peut découvrir de jeunes talents du live (Sunset Sons, Naya, VKNG). Firestone a aussi largement contribué à la déco du festival : à peu près TOUS les festivaliers portaient un chapeau rouge aux couleurs de la marque. Est-ce que ça va leur permettre de vendre plus de pneus ça on ne sait pas par contre...

Tout le reste du chemin qui mène aux 2 scènes principale ? Nourriture, boisson, souvenir, vêtements, tatouages temporaires... Un petit côté marché d'été sur la côte !

Et parmi les festivaliers déambulent des échassiers entièrement costumés, qui percent la foule pendant les concerts et qui donnent un petit air de Coachella au festival. Cette année en plus, deux ballons/cerf-volants en forme de poisson (on a entendu d'autres suggestions au fur et à mesure du festival...) qui illuminent le ciel à la nuit tombée.

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Vendredi

Nous arrivons vendredi avec déjà du retard dans notre programme... Précision : il fait une chaleur à crever et il n'y a pas beaucoup d'ombre (sauf sous les tonnelles des bars).

Le premier concert que nous voyons : Stuck In The Sound. Aucune idée de qui est ce groupe avant de venir, nous découvrons un groupe de rock bien rythmé, français mais qui chante en anglais. Nous arrivons en milieu de set, au moment où le chanteur commence vraiment à se dire qu'il est temps pour lui de retirer son sweat noir à capuche... Personnellement ça m'a rappelé un peu les Blink 182 et autres The Offspring de mes années collège. Le groupe a la patate, il motive bien la foule, c'est un concert sympathique pour commencer un festival, mais qui ne nous a pas fait nous déchaîner non plus.

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Arrivent ensuite les Shake Shake Go, déjà programmés il y a 3 ans à Musilac sur la scène découverte et qui cette année foulent la grande scène. Une musique chill parfaite pour un festival, un groupe à l'énergie communicative. La chanteuse a une belle voix grave, un petit accent gallois qui va bien et a l'air ravie d'être là (comme le reste du groupe et le public, d'ailleurs!). Charismatique, rayonnante, elle entraîne le public dans leur univers du début à la fin, et laisse une chanson entière aux musiciens du groupe pour leur permettre de briller aussi. Leur style ? Un mélange de pop, rock, un peu country parfois, le tout joué à la guitare mais surtout avec beaucoup de percussions, ce qui donne encore plus de profondeur que lorsqu'on les écoute sur album. C'est typiquement pour ce genre d'artistes que nous créons LoveLiveMusic ! Ils font la tournée des festivals en France jusque fin Septembre, ne les ratez pas !

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Petit cafouillage ensuite : alors que le programme annonce Oxmo Puccino, ce sont les 4 filles de Savages qui montent sur scène. Un univers très dark (elles sont toutes en noir d'ailleurs) qui contraste avec Shake Shake Go. La chanteuse est en Louboutins, pantalon à pinces, soutien-gorge et blouson teddy, la guitariste a un petit look de Mickael Jackson emo-gothique. La bassiste et la batteuse par contre sont beaucoup plus souriantes. Connaissant le groupe de nom seulement, autant vous dire qu'on est intrigués. Après quelques problèmes de son réglé, le concert commence directement sur des morceaux très punk rock, qui alternent entre moments calmes, gros coups de pression et morceaux hyper rythmés. "Put me on a leash, put me on my niche like a dirty little dog" scande la chanteuse. Elle est assez fascinante à regarder, mais difficile pour nous de rentrer complètement dans leur univers, c'est donc notre première pause bière boisson. A retenter toutefois à une autre occasion !

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Nous regardons de loin ensuite Josef Salvat, sympathique pop-rock australienne. Ne connaissant pas l'artiste, de l'entendre parler avec un français impeccable entre les morceaux nous pensions qu'il était lui aussi un français qui chante en anglais. Le doute est levé lorsqu'il demande comment on dit en français "one night stand" (plan cul) et "butt sweat" ("sueur du cul"). Un chanteur très sympathique, qui met une bonne ambiance, mais qui doit surtout son succès au morceau que si,si, en fait vous connaissez : "Open Season", dont l'artiste traduit entièrement les couplets en français pour l'occasion.

C'est à ce moment-là qu'on se rend compte que le nombre de festivaliers a quand même bien grossi, et qu'ils sont plutôt dans la tranche d'âge supérieure. Le public des Insus commence à arriver, un public très bon esprit, qui est là pour faire la fête et profite des concerts: on s'est même fait chambrer parce qu'on ne bougeait pas assez à leur goût !

Arrive ensuite le papa Oxmo Puccino, tout de bleu vêtu, et accompagné de ses musiciens. Une session très poétique, pas un seul gros mot, un déroulé parfait, voire trop : chaque transition est travaillée, et si c'est agréable d'avoir un artiste qui introduit ses morceaux, quand c'est trop répété, c'est un peu too much. Mais qu'importe, Oxmo Puccino se concentre sur les textes, des mélodies qui empruntent beaucoup au blues, au jazz, qui alternent entre temps calmes et temps de danse. Bien loin de Nekfeu que l'on verra demain. Les jeux de lumière travaillés ajoutent à la poésie du concert, en particulier sur le morceau "Mama Lova". Oxmo dédicace l'un de ses morceaux aux victimes du Bataclan et se paie le luxe de faire un rappel. Il termine par son morceau "Les Potos" qui envoie ensuite tout le public vaquer à ses occupations en chantonnant "les potos, les potos, les potoooos".

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Et c'est enfin le moment tant attendu par une grande partie des festivaliers : l'arrivée des Insus. Et c'est aussi le moment que nous choisissons pour aller manger. Mais c'est devant les écrans du Korner que nous le faisons, et même en vidéo difficile de nier l'énergie de Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac, sans oublier leur batteur Richard Kolinka qui a une énergie folle et qui fait le show. Les tubes s'enchaînent, oui on les connait quasi tous. Et lorsqu'on se rapproche avant la fin du concert, le public est subjugué, passionné, toujours dans ce bel esprit qu'on avait remarqué avant même le concert. Une réussite !

On enchaîne sur Ratatat, toujours aussi impressionnants en live : tous les sons de leur morceaux, ce sont eux qui les enregistrent en live à chaque concert. Pas de mixage ! Des vidéos qui animent le fond de scène, des jeux de lumière, mais pas vraiment de communion entre les artistes et le public (en tout cas, pas de notre côté). Aucun lyrics et des morceaux qui s'enchaînent, ça ne laisse pas beaucoup de temps pour communiquer ! Nous avions vu Ratatat à Coachella il y a 2 ans et nous avions adoré. Cette année au final nous nous sommes un peu lassés, peut être parce qu'il y avait moins d'ambiance dans le public.

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On est partis juste avant la fin, abandonnant l'idée de voir Synapson qui jouait juste ensuite. Mais on s'en sort puisqu'ils ont joué leur superbe titre "Djon Maya Maï" avant qu'on ne quitte vraiment les lieux !

Samedi

Nous arrivons un peu plus tôt samedi, toujours sous le soleil de plomb. Bon, on rate Grand Blanc parce que 15h25 c'est tôt quand même, mais pas Naya sur la scène Firestone. Un concert sympathique, une jolie voix, mais le placement de la scène en plein soleil et en plein milieu du passage ne joue pas pour elle. A revoir dans un autre contexte donc !

Premier gros concert de la journée : Mass Hysteria. La claque ! Un groupe déchaîné, un chanteur un peu énervé mais qui invite tout le monde à sourire, à vivre, à ne pas rester devant sa télé et à profiter de la musique en live. Le public est clairement venu pogoter, mais toujours dans la bonne humeur et malgré la chaleur ! Mouss, le chanteur, organise les mosh pit depuis la scène et finit par descendre au milieu de la foule pour se mettre au centre. "Si vous voyez des gens qui tombent, ramassez-les" : dans la bonne humeur on vous a dit. Les textes du groupe sont revendicateurs, les morceaux sont forcément rythmés avec les guitares et la double pédale de la grosse caisse. Mouss rend hommage aux victimes du Bataclan, il remercie à plusieurs reprises le staff du festival, les bénévoles... Un aller-retour constant entre revendication et communion, et-si c'était ça le métal ? Comme ils le chantent eux-même "c'est plus que du métal [...] c'est un état d'esprit" !
Et pour finir en beauté, un wall of death s'organise à la fin du concert : 15m de séparation entre les deux côtés engloutis en quelques secondes. Franchement une bonne claque même sans être fan de métal et si vous avez envie de vous défouler un peu. "Positif à bloc" !

Vu de l'intérieur :
Une vidéo publiée par LoveLiveMusic (@lovelivemusic.fr) le

Et si vous voulez voir une vidéo plus posée du concert et du tour bus de Mass Hysteria, c'est par ici !

Ceux qui ont la tâche difficile d’enchaîner après ça ? Feu! Chatterton. Oui oui ceux qu'on a vu il y a 2 semaines ! L'occasion de vérifier nos premières impressions. Déjà on voit mieux, et ça c'est agréable. L'univers du groupe est toujours aussi spécial, et alors que Mass Hysteria avait chauffé le public à blanc, ici tout est tout de suite beaucoup plus calme. Il faut reconnaître au chanteur une grande capacité d'improvisation. Tout comme Oxmo Puccino, il introduit chacun des morceaux de façon poétique, mais à l'inverse d'Oxmo, chacune de ses introductions est personnalisée avec des éléments du cadre de Musilac. Une confirmation de leur univers poétique dans lequel nous ne sommes toujours pas vraiment rentrés mais qui est tout à leur honneur.

Amy Macdonald enchaîne ensuite et nous la regardons de loin, histoire de faire une petite (grosse) pause hydratation. de la country sympathique, une jolie voix, mais pas vraiment notre style.

Depuis notre arrivée, le site s'est bien rempli et notre stratégie de placement entre les prochains concerts se trouve un peu compromise. Nous nous approchons tant bien que mal de la scène Lac pour voir Jain. Quelques vidéos vues d'elle en festival ou sur des plateaux télé nous font beaucoup espérer du concert. Première surprise : elle est vraiment toute seule sur scène. C'est donc elle qui gère la mélodie, le chant, et l'animation de cette grande scène. On met un peu de temps à se mettre dans le rythme, malgré les chansons bien rythmées et plutôt dansantes. Mais Jain arrive au fur et à mesure des chansons à créer une interaction avec le public, en discutant beaucoup, en se trompant, en faisant chanter le public. Et de finir sur ses morceaux les plus connus "Come" et "Makeba". En direct d'une grande boule en plastique pour "Makeba" !

Une vidéo publiée par JAIN (@jainmusic) le

C'est au tour de l'un des artistes les plus attendus de monter sur scène : Nekfeu. Attendu comme le messie par beaucoup de (jeunes) festivaliers, c'est lui qui va faire le show le plus impressionnant en terme de mise en scène : guest stars (tout le S-crew se joint à lui ainsi que des membres de 1995), danseurs, changements de tenues, confettis, vidéos bien léchées, et même un bateau gonflable avec lequel ils vont naviguer sur la foule (vidéo à l'appui ci-dessous). Si vous aimez Nekfeu n'hésitez surtout mais alors surtout pas à y aller ! Si vous êtes moins fan, mais que vous aimez le rap, ça peut vous plaire. Nous on n'a pas vraiment accroché ni avec le son ni avec les textes. Peut être que ça mérite une petite plongée dans l'univers du rappeur avant de le voir en live... Comme pour beaucoup de concerts hip-hop d'ailleurs, qui n'est pas le genre musical le plus facile à apprécier sur scène.

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Alors que Nekfeu prend plus de temps que prévu et décale la programmation, la deuxième grande star intemporelle du festival enchaîne directement sans transition. Sir Elton John, de violet et de paillettes vêtu, entre en scène sous une ovation du public. Au piano et accompagné d'une batterie, des percussions, des guitares, il enchaîne ses classiques mais surtout son nouvel album (promo oblige). Quand nous voulons nous éloigner pour manger, c'est clairement plus compliqué que prévu : le public est en admiration, il ne bouge pas, et surtout il s'étale sur des mètres et des mètres... Moins énergique que Les Insus mais tout autant captivant.

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Et lorsque nous débouchons à l'arrière de la scène, il y a encore des gens partout. Du jamais vu ! la queue pour manger, plus un carré d'herbe, l'espace est plein à craquer. Nous avons l'impression que l'organisation du festival n'a pas limité le nombre d'entrées! Nous renonçons et nous partons, sans voir Lily Wood & The Prick (ce n'est que partie remise) et The Avener (mais que nous avions déjà vu lors qu'une précédente occasion, sans grand succès).

Et pas de festival pour nous le dimanche, nous ne pourrons donc rien vous dire de plus sur St Germain, Foals, Lou Doillon, Louise Attaque, Birdy Nam Nam...

Si on récapitule :
Les coups de coeur : Shake Shake Go, Mass Hysteria
Le show le plus surprenant : Nekfeu
Les meilleurs publics : Les Insus, Mass Hysteria
Les shows à retenter : Savages, Jain

[Live Report] Feu! Chatterton fait des étincelles

Feu! Chatterton se produisait le 29 Juin dernier dans le cadre du Festival Les Nuits de Fourvière, et ils ont fait des étincelles. 

Quitte à utiliser la métaphore bien évidente que leur nom suggère, pourquoi ne pas dire directement qu'ils ont mis le feu me direz vous ? Et bien parce qu'on a pas été 100% subjugués. On vous explique, et promis c'était la dernière fois qu'on utilisait des métaphores sur les flammes dans tout cet article.

Avant toute chose, posons le décor : les arènes du Théatre antique de Fourvière, un must-see si vous êtes à Lyon. Et y voir un concert, encore mieux !

Nous étrennons donc notre premier concert dans ce cadre superbe avec une plongée dans le Rock français. Si vous nous lisez régulièrement, vous savez qu'on aime la découverte, mais que le rock on avait pas encore trop trop tenté. Je dois dire que quand le jour J je suis allée faire un tour sur [insérer le nom de votre plateforme de streaming préférée] pour écouter un peu de quoi il retournait, je me suis dit que ça allait vraiment être de la découverte... Même pas peur !

Après avoir gravi les pentes qui mènent aux arènes (ça se mérite) nous arrivons pendant le concert de la 2ème première partie, Radio Elvis. On a malheureusement raté la 1ère première partie, SAGE, car l'énorme orage de début de soirée nous a mis en retard.

C'est donc sous une pluie intermittente que les concerts ont lieu, ce qui est loin de gâcher le spectacle : les titres parfois un peu mélancoliques de Radio Elvis et de Feu! Chatterton ne sont que sublimés par les éclairs qui percent le ciel régulièrement.

Radio Elvis 

Nous arrivons donc en plein milieu du show de Radio Elvis, qui se donne malgré un public pas très très dynamique. Est-ce la pluie, l'humidité, la nuit tombante ? Les ponchos qui entravent les mouvements ? En tout cas le premier constat évident : les romains s'y connaissaient en acoustique. Le son est clair et la visibilité très bonne quelque soit l'endroit où on se trouve !

Radio Elvis est un trio de "rockers amoureux de la langue française, inspirés par la littérature" comme ils le disent eux même. C'est vrai que leurs textes sont travaillés, et le fait que le chanteur soit aussi un ancien slameur donne du rythme aux morceaux. Les mélodies aussi sont rythmées, on se met dedans au fur et à mesure, les sonorités parfois un peu electro nous ramènent aussi vers des choses qu'on connait mieux. Et ces gros carrés de lumière derrière chaque membre du groupe qui évoluent eux aussi en fonction du rythme, ça donne une mise en scène bien efficace pour une première partie.

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Mais le concert se termine un peu vite (ça c'est notre faute), sans qu'on ait pu se mettre à 100% dedans. Par contre c'est à ce moment que l'on découvre ce qui semble être une tradition aux Nuits de Fourvière : le lancer de coussin ! Rendez-vous en fin d'article pour voir ça en images...


Si vous voulez en savoir plus sur Radio Elvis, direction cette interview des Inrocks !

Feu! Chatterton

C'est au tour de la tête d'affiche de la soirée Feu! Chatterton de monter sur scène, après une très courte attente ce qui est fort agréable.

Groupe composé d'un chanteur et de 4 musiciens, le nom du groupe est un hommage au poète anglais Thomas Chatterton. Car eux aussi sont des poètes, travaillant leurs textes avec précision. Leur style est directement inspiré de Serge Gainsbourg,  Alain Bashung, Léo Ferré, Brel, avec une touche de jazz. Ça vous donne un peu le ton du concert.

Premières chansons, on est plutôt emballés, ça sonne bien, il y a du rythme. Il faut dire aussi que le groupe est plein d’énergie, le chanteur prend le temps de discuter entre deux morceaux, de choses parfois un peu philosophiques. Le look dandy des membres du groupe mais surtout de son chanteur achève de compléter le tableau, ça rend bien.



Par contre là encore, l'ambiance dans la foule est... calme, c'est le moins que l'on puisse dire. Le chanteur lance un "maintenant il est temps de danser" accueilli par les cris de la foule, mais qui ne se transforme pas pour autant par une danse dans la réalité.

Il semble que nous n'étions pas placé au bon endroit. Peut être que cette alchimie entre le groupe et son public n'était pas visible de loin (nous étions au sommet des gradins), si on en croit Feu! Chatterton eux-mêmes :


Il est vrai que lorsque le groupe entame le morceau "Côte Concorde", dont les paroles incluent entre autre "du ciel tombent des cordes" ou encore "il pleut" et que la pluie se met à tomber à nouveau à ce moment là, éclairs en fond, il se passe quelque chose. La foule crie, les gens s'impliquent, mais il semble que cette communion ne dure que le temps du morceau. Encore une fois, vu de notre position :

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En tout cas nous vous invitons à regarder les paroles de "Côte Concorde" si vous voulez vous rendre compte de la qualité des textes. C'est vrai que le groupe nous rappelle à la fois Renaud / Gainsbourg pour le flow, les thèmes, mais un peu aussi une version rock (et plus travaillée) de Fauve. Pas forcément notre tasse de thé du coup, ce qui crée un sentiment partagé entre la qualité du travail sur les paroles, le style du groupe, son énergie, et puis des sonorités qui ne nous accrochent pas (encore ?) trop.

Le concert se termine par ce fameux lancé de coussins et une belle énergie. Nous n'y étions plus (ça y est on l'a dit) mais il semblerait que le concert ce soit terminé en beauté avec le morceau "La Malinche", repris par le public, et un deuxième rappel avec le morceau "Je t’ai toujours aimée" des Polyphonic Size. Ok, on aurait peut être dû rester.

Conclusion :

Vous vous demandez peut-être pourquoi nous sommes allés voir un concert d'artistes qu'on ne connaissait pas, dans un genre musical qui ne nous est pas très familier. 
D'abord parce que dans la vie, il faut sortir de sa zone de confort. Et puis aussi parce que nous avions eu les échos dithyrambiques d'Anne-Fleur, qui a vu Feu! Chatterton au Trianon il y a quelques temps et qui a été subjuguée.

Du coup pour vous donner aussi sa version des faits, ce qu'Anne-Fleur a adoré c'est la capacité du chanteur a attirer le public dans son univers, avec sa présence sur scène, sa voix cassée "comme sur les albums", son style et son énergie qui fascine et entraîne le public. Mais d'après elle, c'est quitte ou double : soit les morceaux touchent quelque chose en vous et vous avez envie de partir avec lui, soit au contraire cela ne vous touche pas et dans ce cas, comme nous, vous restez un peu en dehors. Un groupe assez segmentant finalement.

Du coup si vous aimez le rock français, vous avez de grandes chances d'aimer Radio Elvis et Feu! Chatterton. Si comme nous vous êtes un novice, peut être que des étapes intermédiaires seront nécessaires pour vraiment en profiter. Radio Elvis à approfondir d'abord, Feu!Chatterton quand on est plus rodé ensuite. A vérifier aussi si les voir en festival pourrait changer la donne, avec un public un peu plus expressif par exemple, ou bien dans une salle plus intimiste à l'inverse pour une meilleure alchimie entre l'énergie du chanteur et du public.





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